Marie-Hélène Le Ny

Mes petits morceaux de madeleines
1998/99

 photographe




Expositions

Galerie Jean-Pierre LAMBERT
Paris, 1999


J'ai le sentiment qu'une scission s'opère depuis quelques années au sein de ce qu'on appelait " la photographie créative", "la photographie de création" , "l'art photographique" ou je ne sais quelle autre appellation. Enfin d'une façon générale, parmi les oeuvres des artistes photographes, de ceux qui prétendaient à la création et non à l'illustration.
L'histoire de la photographie a déjà fait l'objet de plusieurs ouvrages de référence. Nous connaissons son parcours - ses grandes étapes et ses principaux acteurs. Aujourd'hui, comme de tous temps et quelque soit le champ d'investigation, il existe des chercheurs et des suiveurs. Les suiveurs seraient les amoureux de l'image argentique, le plus souvent en N/B, se répandant d'admiration pour la profondeur des noirs et les subtilités des demi-teintes, reprenant les techniques éprouvées par les grands maîtres, voire même les anciens procédés tels le tirage au platine, la gomme bichromatée, etc... Ces suiveurs sont tellement fascinés par leur technique qu'ils confondent savoir faire et création. Peut-être n'ont -ils tout simplement rien d'autre à dire...
Les chercheurs, eux, connaissent éventuellement les richesses de la technique photographique et savent l'utiliser, mais peuvent aussi l'ignorer, se contentant de créer leur univers, laissant aux laboratoires le soin de réaliser les épreuves en adéquation avec leur imaginaire.
Je ne veux pas porter de jugement sur telle ou telle pratique, mais je me pose la question de la prolongation de l'histoire de la photographie. Celle-ci a atteint l'âge adulte et rejoint les autres outils de la création. L'histoire de la photographie deviendrait l'équivalent d'une histoire de l'aquarelle, de la gravure ou de la fresque... Elle aurait cru un moment à une sorte d'indépendance et aujourd'hui, viendrait rejoindre l'histoire de l'art. Nous sommes donc dans une période très riche, où la photographie devient un espace de création actuel, largement utilisé et qui a su oublier -ses maniérismes, même s'ils sont encore souvent pratiqués. A nous de faire le tri dans ces trop nombreuses propositions.

Marie-Hélène Le Ny utilise la photographie, mais je ne crois pas que l'appellation de photographe lui convienne forcément. Elle est sans nul doute du côté des chercheurs. Elle a étudié aux beaux-arts de Rouen et appris ce qu'est une recherche plastique. Le contact des artistes et de leurs oeuvres l'a mise à l'écoute de la création. Elle est également sensible aux évolutions et aux problèmes de notre époque, attentive aux modifications des rapports humains et au maintien de leur qualité. Ce qui est remarquable dans chacun de ses travaux, c'est qu'elle a toujours su faire la synthèse de l'ensemble de ces éléments, afin d'obtenir une oeuvre forte plastiquement, esthétiquement et humainement.
Je rappellerai les séries précédentes sur les Portraits de familles, la Cité de refuge de l'Armée du Salut et enfin Mémoire d'avenir, remarquable travail sur la région Nord - Pas de Calais, son histoire et ses hommes. Tous ces travaux s'élaborant avec des contacts humains, des échanges, et aboutissant à une mise en forme très réfléchie et travaillée.
Avec sa dernière série Mes petits morceaux de madeleines Marie-Hélène Le Ny se penche sur son histoire pour nous faire partager sa "mythologie personnelle concernant les odeurs et les saveurs". De courts textes nous renvoient à nos propres souvenirs, à tout ce que peuvent véhiculer les aliments comme attirances ou répulsions. Les associations avec les images sont particulièrement réussies grâce à une représentation schématisée. (Les objets pourtant très réalistes ne sont que suggérés par une vue frontale, comme vue du dessus de notre assiette.) Nous sommes loin de la photographie publicitaire, l'ensemble textes-images très graphique s'associant pour donner une image globale équilibrée. Les couleurs viennent s'ajouter aux évocations olfactives et gustatives dans un ensemble très homogène où formes , couleurs et textes nous renvoient à nos souvenirs d'enfance, qui sont parfois encore très vifs, et auxquels s'ajoute aujourd'hui un plaisir visuel évident.

Jean-Pierre LAMBERT





Galerie Jean-Pierre LAMBERT
FIAC, Paris, 1999


 


Bibliothèque Maurice Genevoix
Blois, 1999





De l'appétit, des Vanités
Bibliothèque Louis Aragon
Choisy-le-Roi, 2000











Maison du Geste et de l'Image
à titres provisoires
Micro-galerie, Paris, 2000






La galerie Jean-Pierre LAMBERT
à la galerie Tal-Coat
Hennebont, 2000

 


Centre Salvador Allende
Saint-Malo, 2000


Du producteur au consommateur 2
Galerie Duchamp
Yvetot, 2001






Gastronomades 2002
Théâtre d'Angoulême





Lire en Fête 2003
Bibliothèque municipale de Saint-Brieuc






Le Mois de l'Image 2005
Médiathèque de Dieppe




Gourmandises photographiques
L'Imagerie
Lannion, 2011