marie-hélène le ny

  Infinités plurielles

 photographiste





 

« Je me souviens ramassant des cailloux, des petits fossiles, toute petite dans le jardin de mes parents. Puis, j'ai voulu en savoir davantage, je me suis donc inscrite dans un club scientifique ; j'ai avalé tous les bouquins de Tazieff sur les volcans, de Casteret sur les cavernes, la montagne… toutes ces choses de la nature qui me passionnaient et m'ont menée à une formation de géologue-paléontologue...
Un fossile sorti de son contexte n’a que peu d’intérêt. Il a vécu dans un milieu précis avec d'autres animaux, des végétaux. Ce n’est pas seulement le fossile qui est intéressant, mais aussi son environnement, les modes de dépôt, la manière dont il se conserve… C'est un tout qui évolue, biodiversité et géodiversité.
En tant que paléontologue, ce qui m’intéressait de savoir c'était comment avaient émergé les systèmes de locomotion et en particulier le nôtre.

 

Orrorin fait partie de ces fossiles anciens, ancêtres potentiels de notre lignée. Trouvé au Kenya, dans les Collines Tugen, à environ 6 millions d'années, c'est le premier être vraiment bipède un peu comme nous - ce que confirment les restes de son squelette. Ce nom lui a été donné parce que dans une légende locale, c'est le nom de l'homme originel mythique. Ce qui m'a marqué aussi, c'est la découverte d’une demi-dent supérieure d'un grand singe fossile de 18 millions d'années en Afrique du Sud. Je n'y croyais pas. Il y avait peu de mammifères à cet endroit et beaucoup de diamants… Pour la première fois, nous avions un grand singe très ancien en Afrique australe ! Puis, on est remonté plus loin dans le temps avec des primates à 44 millions d'années trouvés en Namibie en 2008. Aujourd'hui, nous essayons d'avoir une vue plus globale sur l'évolution des grands singes et l'émergence de l'homme, dans leurs contextes environnementaux et climatiques. »

Brigitte Senut
Directrice de recherche au mnhn

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