marie-hélène le ny

  Infinités plurielles

 photographiste





 

« En m’intéressant aux processus de mémoire, j’ai fait une thèse de neuroscience sur les bases neuronales de la mémoire. J'ai commencé à travailler sur les processus de mémorisation en utilisant un modèle expérimental animal qui était proche de l’homme.
Au sein d'une équipe du CNRS, je monte un projet assez ambitieux qui vise à comprendre comment le cerveau - au niveau des neurones - représente l'espace qui nous entoure, comment les neurones nous permettent de nous orienter, comment nous naviguons d’un point à l’autre de notre milieu.
Pour cela, j'entraîne des singes à se déplacer dans un environnement de réalité virtuelle. Les animaux y arrivent très bien en utilisant des joysticks. Pendant qu'ils effectuent leurs tâches de navigation, nous pouvons regarder ce qui se passe à l'intérieur de leurs cerveaux et comprendre ce qui sous-tend - au niveau de l’activité neuronale - ce qu’ils sont en train de faire.

 

Comprendre comment le cerveau construit une carte spatiale en fonction de ce qu’il voit, des repères spatiaux de l'environnement. Dans mon travail, il y a la relation avec le singe et puis après, un long travail d'analyse - un travail beaucoup plus mathématique, de traitement, de programmation, d’analyse de données. C'est tout aussi passionnant, c'est là qu'on voit et qu'on commence à comprendre ce qui se passe au niveau du cerveau. La mémoire spatiale est l'une des premières mémoires qui peut être détériorée dans les maladies du type de la maladie d'Alzheimer, après des lésions cérébrales ou après des traitements pharmacologiques comme chez les dépressifs. C’est un travail de recherche fondamentale, mais il peut servir de base pour cibler des traitements
pharmacologiques qui vont en fait eux-mêmes cibler des neurones ou des aspects neurochimiques spécifiques de la formation de la mémoire. »

Sylvia Wirth
Chargée de recherche au Centre de Neuroscience Cognitive de Lyon

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