marie-hélène le ny

  Infinités plurielles

 photographiste





« J'ai fait ma thèse en droit comparé et quelques années
plus tard j'ai réussi le concours d'agrégation des facultés de droit. Je suis actuellement professeure de droit public à Toulouse. Littéraire, j'ai d'abord fait une Hypokhâgne, mais la justice m'attirait beaucoup et j'ai ensuite étudié le droit privé. En DEA j'ai découvert le droit constitutionnel avec Louis Favoreu, et développé un goût pour la recherche. Cette étude de l'organisation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire au sein de l'état m'a passionnée. Le droit constitutionnel ne peut pas s'envisager sans la relation avec le politique. C'est dans une optique de droit comparé que je l'enseigne à mes étudiants, nous comparons les régimes parlementaires européens par exemple...
Parmi les juristes, les constitutionnalistes sont souvent consultés par les
autorités gouvernementales ou parlementaires. J'ai fait partie de la commission
dite Jospin, de déontologie et de rénovation de la vie politique publique.

 

En France, on s'est rendu compte assez tardivement
que le texte le plus important était la constitution - le texte qui était considéré comme sacré, c'était la loi. A cause des lois antisémites sous Vichy, on a mesuré l'importance attachée à un texte supérieur - la constitution - et l'importance concomitante d'un organe chargé de contrôler que les lois ne violent pas cette constitution. Pour ce faire, le Conseil constitutionnel a été créé en 1958. Il comprend 9 membres nommés - plus les membres de droit, à savoir les anciens présidents de la République, ce qui est une aberration. Trois femmes seulement y siègent actuellement, pourtant elles sont nombreuses à présenter les compétences nécessaires. La France est en retard pour faire passer l'égalité femme/homme du droit à la réalité. Il y a encore beaucoup de sexisme, même à l'université. La parité permet de faire bouger les choses et j'en salue les effets, tout en me méfiant de ses fondements idéologiques. »

Wanda Mastor,
Professeure de droit public, Université Toulouse 1 Capitole


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