marie-hélène le ny

  Infinités plurielles

 photographiste





 

« J'ai fait une thèse en géophysique sur la volcanologie sous-marine. Aujourd'hui j'étudie la structure profonde de la terre, toujours sous la mer. On travaille beaucoup avec les compagnies pétrolières pour la recherche de pétrole, on explore aussi la croûte et le manteau terrestre pour savoir où peuvent se produire des séismes. La première étape, c'est de mesurer la profondeur de l'eau qui donne déjà beaucoup d'informations sur les structures, les failles visibles en surface. On utilise aussi la sismique, qui permet de calculer la structure de la terre jusqu'à 30/40 km de profondeur avec des instruments que l'on pose au fond de la mer pour enregistrer des signaux acoustiques. Les campagnes océanographiques nous permettent de récolter beaucoup d'informations et de rencontrer nos collègues du monde entier. Avec les ordinateurs nous modélisons ces données et les comparons avec des données auxiliaires comme la gravimétrie et le magnétisme.

 

La terre est couverte de plaques. Les plaques continentales, formées surtout de granites - des roches très anciennes qui viennent du volcanisme et forment des croûtes jusqu'à 30 km d'épaisseur -, représentent en gros nos continents, là où vivent les humains. Les plaques océaniques, constituées de basaltes et de gabbros - des roches qui viennent d'un volcanisme de chimie différente et qui sont plus jeunes, sont sous les mers. Elles se créent aux dorsales, au milieu des océans, en effectuant une poussée qui va faire que, en bordure des plaques continentales, les plaques océaniques s'enfoncent dans le manteau terrestre. C'est à cet endroit que se produisent la plupart des séismes. Au Maroc, nous avons tracé un profil sismique sur la marge continentale qui se conjugue avec un des profils au large du Canada. La tectonique des plaques nous permet vraiment de refermer l'Atlantique et de reconstruire l'histoire de la Terre... »

Frauke Klingelhoefer
Chercheuse en géophysique, Ifremer

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